Mon fils est malade mental
Un livre sur la maladie mentale vue depuis la famille, et sur ce qu'elle exige de ceux qui accompagnent.
Romans, nouvelles et chroniques, où le lieu devient une question posée aux vivants.
Volubilis, le langage des siècles arrive bientôt en librairie.
Commander dès maintenantUne scène d'enfance
Une fois, quand il avait l’âge de six ans, sa maman et son beau-père l’ont demandé de verser les restes d’une pastèque à la vache retenue à l’écurie pour l’allaitement de son petit, quand soudain, l’enfant revint surprendre ses parents en déclarant que la vache lui a parlé. Et quand son beau-père lui demanda ce que la vache lui a dit, il a répondu littéralement par la phrase suivante : « Ne voyez-vous pas que mon petit souffre de malnutrition alors que vous trayez le maximum de son lait nourricier.» A l’instant, les deux parents ont bien ri mais ils n’ont pas négligé la demande de la vache tant qu’ils avaient déjà beaucoup de soucis pour la santé du petit veau. C’est ainsi qu’après avoir consulté l’employé du centre sanitaire des bovins au village, ce dernier a confirmé qu’en effet, le petit veau souffrait réellement d’une malnutrition. Et dès lors, on a arrêté de traire la vache pour que son petit ait pu reprendre sa santé … Dans son enfance, l’auteur a vécu plusieurs anecdotes de ce genre dans la mesure où il tentait de décoder tous les messages de son environnement…
Parcours
Abdellatif Hannama est né un certain jour du mois de décembre de l’année 1958, quelques années après l’indépendance de son pays, à Safi. A l’âge de trois ans, ses parents ont divorcé pour se retrouver avec sa mère qui s’est remariée à Safi…
Trop soucieuse pour son enfant unique, sa maman le protégeait au point où il ne sortait que très rarement. En revanche, la maman allait visiter sa sœur à la campagne le plus souvent, ce qui permettait à l’enfant de découvrir très tôt les merveilles de la nature en compagnie de son cousin maternel déjà invétéré dans la découverte des lieux … C’était là-bas où le petit Abdellatif avait découvert les sources, les futaies, les arbres fruitiers, les dunes, les rochers, les vallées, les chants des oiseaux, la douceur des animaux domestiques débonnaires, les levées et les couchers du soleil ; et enfin le petit enfant trouvait dans ces pèlerinages répétés à la campagne un réel réconfort … Et quand ses parents ont décidé de s’installer définitivement à la campagne, c’était pour lui une consécration parce qu’il croyait y trouver son paradis de rêve ; il avait déjà six ans. Toutefois, hélas, la campagne des années soixante du siècle dernier à la banlieue de Safi n’était pas faite que de beauté !! La vie y était très dure et les gens d’aspect le plus souvent rébarbatif ne daignaient pas réagir ni aux parfums des petits matins ni aux champs des étangs et des rivières ni même pas aux couleurs dorées des crépuscules…
Par manque de collège au village, l’enfant était appelé à poursuivre ses études à Safi où il n’y avait personne pour le soutenir… Après l’obtention de son certificat d’études secondaires, il était déjà à bout de ses forces dans une vie scolaire malmenée et instable ; ce qui le poussa à s’inscrire pour une carrière maritime…
Durant ses voyages à travers le monde, l’auteur a toujours eu sa petite bibliothèque itinérante ; il lisait beaucoup pour assouvir ses curiosités incommensurables. Et puis durant ces voyages, il découvrait les exploits des peuples, le génie des constructions monumentales, l’éminence des arts et des artistes aux musées et aux salles d’exposition, les générosités de l’âme humaine, surtout que les populations occidentales de l’époque étaient désabusées et amoureuses de la vie après deux grandes guerres…
Après quelques années de voyage, Abdellatif a regagné le continent en tant qu’enseignant dans des écoles maritimes de son pays où il a bénéficié de plusieurs formations en pédagogie et en psychologie. Mais cela n’a pas suffi à assouvir sa soif de connaissance pour se retrouver quitter cette stabilité professionnelle afin de reprendre des études supérieures, cette fois-ci, en sciences humaines..
Abdellatif Hannama fonda le premier magazine maritime bilingue -une revue- dans l’histoire du pays en juin 1992, intitulé Al maghrib Al bahri (le Maroc Maritime).
Son premier roman ‘la sérénade des flots’ a vu le jour en 1999. ‘Le phare de la connaissance’, un essai philosophique est apparu en 2005. Il s’ensuivit : ‘Mme Pradier’ en 2009, ‘Meurtres sans funérailles’ en 2013, ‘Les murmures de l’éternité’ en 2016, ‘Mon fils est malade mental’ en 2022. Volubilis, le langage des siècles paraîtra en 2026.
Bibliographie

Nouveau livre, bientôt en librairie
le langage des siècles
Sous ses colonnes et ses arcades, Volubilis paraît d'abord un monument à la grandeur : celle des hommes qui, poussés par la rage de vaincre les lieux et les espaces, donnent le meilleur d'eux-mêmes pour crier une seule chose, que nous devions trouver le moyen de demeurer une famille mondiale.
Mais Volubilis n'est pas seulement un monument historique. C'est aussi une sémantique qui initie aux renouvellements et à la continuité, où le mot « construire » dépasse les édifices et les monuments matériels pour s'étendre à la construction des hommes, de vrais hommes, les hommes de demain.
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Bibliographie complète
Un livre sur la maladie mentale vue depuis la famille, et sur ce qu'elle exige de ceux qui accompagnent.
Un retour aux thèmes qui traversent toute son œuvre : la durée, la mémoire et ce qui subsiste des hommes.
Dans un style captivant et fluide où la phrase, par sa souplesse et sa musicalité, s’étire sur des lignes et se rétrécit par quelques mots sans pour autant perdre de son rythme et de son harmonie, l’auteur traite, analyse et exprime le tabou. Méthode scientifique et narration artistique se réunissent pour célébrer au clair du jour et dans une dimension solennelle et dramatique des funérailles posthumes. Les funérailles d’une enfance morte parmi les débris de l’oubli et de l’indifférence. Le meurtrier est un mort-vivant. Ses victimes l’étaient aussi. Psychopathe et schizophrène, il tente de par ses tueries, de s’identifier à la mort puisqu’il n’a pas su s’identifier à la vie. Dans chaque meurtre, il croit avoir tué une bonne partie de lui-même…Ils étaient neuf meurtres et ils auraient été des dizaines…
Le soldat Philipe Pradier comme le reste de sa troupe avait comme mission de mettre fin à des soulèvements répétés par des autochtones de la province casablancaise révoltés contre le nouvel occupant...Désabusement et mal de conscience avaient fait qu'il désertera l'armée pour sauver le petit Radi, enfant de sept ans mêlé à la bataille où son père adoptif Houmane trouva sa fin...Pour sa femme, ses parents et sa fille Catherine, Philipe serait porté disparu alors qu'il a passé plus d'un quart de siècle auprès de son fidèle Bénéros à la quête de l'érudition et de la sagesse au pays où: mœurs, gestuels, doctrines soufies, monuments révèlent une autre manière de comprendre la passion de vivre…
Essai philosophique
Une réflexion sur la connaissance, et sur ce qui éclaire la conscience des hommes.
Premier roman
Le livre inaugural, nourri des années de mer et des escales qui lui ont fait découvrir le monde.
Depuis l'étranger
Les titres disponibles en ligne, en version imprimée et numérique.
Interventions et accompagnement
Au-delà de ses livres, Abdellatif Hannama intervient auprès des institutions, des établissements scolaires et des auteurs en devenir.
Interventions publiques autour de son œuvre et de ses thèmes de prédilection : patrimoine, mémoire, transmission, liberté.
Animation d'ateliers destinés aux adultes, aux jeunes auteurs ou aux groupes constitués, en séance unique ou en cycle.
Lecture critique de manuscrits et conseil éditorial pour les auteurs qui préparent une première publication.
Rencontres avec les élèves et les étudiants, pour donner à la lecture et à l'écriture un visage et une voix.
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Entretiens, lectures et passages télévisés, réunis ici au fil des années.
Abdellatif Hannama revient sur son parcours et son travail d'écriture.
Une lecture et un échange sur les thèmes qui traversent ses livres.
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Chroniques
Une série d'essais brefs sur la liberté, la mémoire et la condition humaine, écrits au fil des années.
Une défense du symbole paternel contre ce que l'auteur tient pour une entreprise de démolition. Il y soutient que la figure du père porte un principe de protection dont la disparition fragilise la famille et, avec elle, la continuité d'une société.

Dans ma jeunesse, quand j’étudiais la philosophie, beaucoup de jeunes de mon milieu tentaient de réfuter les aphorismes de Nietzsche pour la seule raison qu’ils étaient, pour la plupart, futuristes et meneurs de prophéties. Dans leur profondeur, ces aphorismes tendent à réhabiliter un monde que le philologue voyait en déroute…
Et comme philosophe, Nietzsche remarqua que la pensée humaine, bâtie et structurée à la longue par des philosophes érudits, s’éventrait et se muait par des présomptions soutenues à qui les « anthologues » anglais de l’époque trouvaient le mot magique de psychologie.
Et quand Nietzsche critiquait l’émancipation de la femme, il l’avait fait dans la sincérité et la raison du philosophe et non par le façonnage d’une expression doucereuse qu’une armada de chasseurs de primes trouvait pour suborner tout un monde : analphabètes, écrivailleurs et populace…
Et si aujourd’hui après un siècle et quelques années, j’invoque l’émancipation de la femme, ce n’est guerre dans un esprit charlatan à surexciter la polémique des politico-marchands de la dernière catégorie ou par cette tentation cupide de celui qui tente de soutirer quelques miettes à ces dictatures marchandes qui kidnappent ces milliers d’épouses et de futures épouses des heures et des jours dans leurs fabriques. J’invoque l’émancipation de la femme tout simplement parce que l’on constate la montée d’une idiologie satanique menée aux extrêmes par des hâbleurs et qui risque de donner le coup fatal au « père symbole ». Un père qui date des millénaires et qui est profondément ancré dans toute personne : homme ou femme… J’invoque aussi l’émancipation de la femme parce qu’elle a permis et permet davantage aujourd’hui à des malfrats, parfois snobs dans leurs bureaux, d’en tirer profit par les biaisassions des fondements moraux plus que nécessaires pour une continuité plus rassurante.
Dogmes religieux accentués, adages vieillissants de nulle part, syntagmes hétéroclites, légendes, fiction, tous les moyens sont bons pourvu que la décoction endorme et permette l’accès au misérable trésor des parents.
Par un mini sondage, où je demande à des collégiens leur avis sur le rôle du père, voici quelques expressions qui se répètent par la quasi-totalité des adolescents : c’est maman que j’aime et que je préfère ; lui, il ne vaut pas la peine ; il n’est jamais là même s’il occupe le salon ; je le déteste… Et maman en est souvent fière !! Et de par cette fierté perfide que le faux coach s’avère plus rassuré pour pervertir le bon sens d’une maitresse de maison méticuleusement soucieuse pour l’éducation de ses enfants.
Tiens ! L’expression est là au bout des lèvres de tous les maîtres de cabinet : « père tyrannique ». Et même si l’on dit : « mère tyrannique » le terme père prend l’avantage au pire de ce que « l’archétype » de paternité représente comme symboles de force dans les abysses psychiques de toute personne : homme ou femme. Ce sont ces symboles qui caractérisent la protection pérenne, nécessaire à toute personne qui se veut forte et prometteuse ; qu’importe le sexe !
La paternité n’est pas ce masculin machiste et poilu que le business de la subornation tente, par tous les moyens, d’efféminer. Elle est cependant cette source inépuisable qui génère les principes et les vertus de la promesse. Les principes et les vertus qui permettent de bâtir, de conquérir et d’explorer et par conséquent de rassurer et de protéger. « Esprit homme », « esprit probe et chevaleresque », « paternité protectrice » sont des qualités qu’il faut préserver par tous les moyens parce qu’ils n’ont pas de sexe. Et combien de femmes, de par toutes les civilisations, en étaient le bon exemple ?!
Cet esprit homme qui était bâti à la longue à travers des millénaires est l’œuvre des deux sexes…
Une fois quand mon arrière grand-mère était enceinte, il y a quelques dizaines de milliers d’années, elle avait réussi à convaincre mon arrière grand-père pour l’aider à bâtir le premier foyer qui devait protéger mon grand-père, le nouveau né, des sévices de la nature et des prédateurs. C’est ainsi qu’ils avaient réussi à fonder la première famille de mon arbre généalogique. D’ailleurs, c’est grâce à quoi je suis bien là à vous écrire, vous : frères, sœurs, cousins et cousines…
C’est un grand défi, celui que mes ancêtres avaient relevé et qui n’est autre que celui de fonder une famille au prix de beaucoup de sacrifices et de sang.
Et maintenant, quand la distinction des choses et des êtres est flagrante au point où la subdivision tranche sur l’intérieur et l’extérieur des êtres, où en est de la part de cette paternité pérenne et protectrice ?!!!
Abdellatif Hannama
Une méditation sur l'écart entre la réalité convenue et la vérité. L'auteur y examine comment la manipulation des esprits empêche la parole vraie, et lit l'extrémisme comme un effet du désenchantement.

Dans un état de remise en cause et de méditation, tout homme tente de refaçonner le monde à sa façon. Pourquoi? Et bien parce que, tout simplement, il constate beaucoup d’irrégularités, beaucoup de mensonges, beaucoup d’injustices…Beaucoup trop pour mener la conscience à l’illusion. Tout comme vous, j’ai un fort besoin de croire au monde dans lequel je partage ma causalité. Je ne crois pas à beaucoup de choses mais je suis traîné à les vivre dans l’acceptation. Cependant, je me suis mis à creuser en dehors de la logique conventionnelle pour chercher s’il y’a moyen de percevoir un itinéraire qui m’aura permis à vivre ma neutralité légitime ; celle qui me permettrait de dire oui quand il faut et de dire non quand il faut. Un itinéraire qui me permettrait d’être sincère avec moi et avec les autres. Je parle de cette sincérité existentielle qui se manifesterait comme un éveil, comme une désillusion. Seulement quand j’y suis parvenu et que j’étais tout à fait autour de cette réalité conventionnelle à pouvoir, moi aussi, l’influencer, une résistance intérieure très corrompue, traduite par une lâcheté presque rudimentaire m’édicta de rentrer au rang et de me taire. Pourquoi ? Et bien parce que cette logique conventionnelle ou cette réalité conventionnelle s’avère l’œuvre d’une manipulation très confuse et très dangereuse. Dangereuse au point où je ne serai jamais crédible quand je dirai oui et jamais écouté quand je dirai non. Surtout quand j’étais tenté par la critique des manipulations que les polémologues appellent « les propagations décisives ». Je ne suis pas polémologue et je n’aime pas les sciences politiques mais je peux dire que je suis dans un état de désabusement avancé qui me donne le courage nécessaire, non pour dire des vrais « oui » et des vrais « non » mais seulement et avec la voix la plus basse possible pour parles des exclus comme « Daech » comme étant des êtres humains, qui, non seulement ils ont des convictions mais ils ont aussi des sentiments. Les Daechs vivent et meurent comme nous. Ils rient et ils pleurent comme nous. Ils rêvent d’un monde meilleur parce qu’ils étaient écrasés par l’injustice comme beaucoup parmi nous.
Et maintenant n’attendez plus à ce que j’utilise la conjonction « mais », j’utiliserai néanmoins la locution conjonctive « à cause ». Et je dirai « à cause » de quoi ils ont pris des armes pour affronter un ennemi mille fois plus rusé, mille fois plus organisé, mille fois plus puissant et plus sanguinaire ? C’est tout simplement à cause de l’expropriation des dignités et des richesses, à cause des crimes, des hontes et des avanies des superpuissants et leurs alliés. J’évite toujours de dire « mais » et je continue. C’est ainsi que je m’adresse aux vraies sources du mal à ce qu’ils fassent comme moi et qu’ils prennent le temps d’une méditation. Juste une petite méditation pour comprendre que le monde pourrait vraiment aller mieux s’ils cessaient de croire que la projection dans les stratégies des conflits et des guerres est le seul moyen qui fait aboutir au sentiment de puissance ; et qu’une telle projection n’est qu’une fausse conviction qui ne mènera nulle part sauf peut être à la confusion et à l’illusion.
Voyez-vous, j’ai bien réussi à ne plus dire « mais », mais je suis toujours persuadé qu’une bonne partie de la vérité est encore ailleurs…
Abdellatif Hannama
Écrit après une scène de violence vue à la télévision, ce texte interroge la capacité de cruauté que l'homme porte en lui. L'auteur y décrit la malveillance comme une force aveugle et sourde, qui opère au-delà de la conscience.

Quel drôle d’entité qu’il est cet être humain !!!
Un être constructeur et destructeur ? Celle-là, on lui a déjà trouvé une explication puisque la nature, avait-on dit, n’accepte pas l’excès. Seulement que, tuer cruellement et dans un esprit de fête demande sérieusement à reposer la question sur le but de la causalité humaine dans une terre déjà terrassée et appauvrie par l’homo-sapiens ; et le côté « drôlesque », dans cette nature humaine, réside encore et encore…
Comme je ne suis pas de ceux qui aiment les rituels sanguins, j’ai toujours évité, quand je pouvais, de voir à la télé ces pseudo-prouesses montrant les tortures et le charcutage de mes semblables. Néanmoins, j’ai été appréhendé, à la chaîne d’Al Jazeera par une image de cet Imam chiite qui jubilait en déclamant la revanche sur des sunnites que quelques barbares torturaient, charcutaient, piétinaient, poignardaient, brûlaient vifs… L’image m’a atterri, j’étais atrophié. J’ai eu le sentiment de celui qui a été violé dans son âme. J’étais dans la perte et l’humiliation de celui qui ne pouvait être d’aucun secours. Larmes aux yeux et le cœur lourd, je me suis donc recroquevillé dans ma bibliothèque, espérant trouver auprès de ces livres, qui sentent le cadavre de leurs auteurs, une conviction qui aura apaisé mes souffrances. J’étais vraiment dans une crise qui s’avérait au bout de la dépression. C’était la deuxième fois que cela m’arrive. La première était il y’a quinze ans quand Jamal Adurra, le palestinien, a été tué dans les bras de son père… Cependant, je me suis mis à chercher de par mon socle intellectuel et en complicité avec les débats de ces grands thèmes que quelques livres contiennent…
Je cherchais dans les propos apodictiques de la philo, dans les axiomes de la science exacte, dans les systémiques des sciences humaines, dans les cybernétiques de la science technologique ; je cherchais partout pour trouver une raison cosmique qui aura permis à un être humain d’amputer vivant et à la mort son semblable ou de lui crever les yeux mort ou vivant. Où est donc dans l’univers cette source insalubre qui alimente l’être humain d’autant de mal et d’affreusetés ?
Tout ce que j’ai pu trouver comme réponses à mes questions de recherche se limitait toujours entre la vie et la mort. La mort tout simplement. Mais ce que j’ai vu et constaté dans les massacres des irakiens était que l’être humain voulait pour son semblable quelque chose mille fois pire que la mort. C’est ainsi que des tributs déterrent les tombes de leurs ennemis et en extraient les cadavres pour les « retorturer» et les « retuer » de nouveau ; et encore et encore…
Peut-on parler d’un mal infini que l’être humain porte en lui pour venir à bout, et la longue, à toute entité qui vit sur terre y compris lui-même ?
Est-ce que le mal est conscient ? Non, il ne l’est pas. Le mal est une force sourde et aveugle. Une force réelle qui s’approprie inconsciemment l’intelligence humaine pour tenter d’aiguillonner la conscience vers une dimension qui n’existe nulle part. Une dimension qui n’aurait existé que dans l’imagination de l’homme.
Bref ! J’aime la vie, j’aime la nature, j’aime partager la joie avec mes semblables ; mais croyez-le ou non, j’ai parfois honte d’appartenir à l’espèce humaine….
Abdellatif Hannama
Une distinction entre ceux qui acceptent les hiérarchies établies et ceux qui s'en échappent pour poursuivre une autre idée de l'homme. Un éloge des visionnaires, des artistes et des réformateurs qui refusent la logique de la compétition.

Ils sont nombreux et ils existent partout dans le monde. Ils existeront même de plus en plus tant que nos sociétés modernes ne cessent de fortifier des statuts de par un révisionnisme moral toujours comparatif et compétitif par rapport aux doctrines sources ; des doctrines toujours basées sur la théorie de la loi du plus fort. Et les évadés diront que cela n’est pas tout à fait humain puisque le cas s’avère crûment plus développé chez d’autres espèces animales. Les évadés diront aussi que la conscience humaine, quand elle est mature, s’épanouit davantage en se projetant sur des horizons de plus en plus larges que ceux de l’expropriation alimentaire ; des horizons plus larges que les arènes des guerres de pain et de pétrole. Les évadés vous diront, que pour assouvir leurs avidités, ils iront exploiter des espaces autres que ceux continuellement et habituellement empiétés et entre-hérités par les cerbères de la loi du plus fort. Ces derniers, les héritiers d’un cannibalisme moral ravageur, n’ont autre chose de substantiel à se mettre dans la tête qu’un être semblable pour s’en nourrir.
Ils sont des erratiques, des hétéroclites, des cosmopolites, ces évadés qui aspirent toujours à renouer avec leur humanité cosmogonique. Une humanité créatrice et au profit de tous en dehors de toute compétition inter-espèce qui amorce toujours au désordre et à l’extinction.
Restez grossir dans vos mensonges, disait Arthur Rimbaud, le célèbre poète français, pour qui, alors enfant, les premiers mots prononcés étaient l’expression d’une évasion déclarée qui durera jusqu’à la fin d’une vie courte et tourmentée à travers la jungle africaine. Et ce n’était certainement pas le seul français qui s’était évadé par le rêve salvateur, la science, la connaissance ou l’érudition pour que l’humanité retrouve son vrai chemin. Le chemin qui mène à l’égalité, à la fraternité et à la liberté. Et comme disait le poète arabe : « jamais une terre n’est embarrassée par ses habitants mais ce sont les esprits des hommes qui s’embarrassent », ce sont les résidentiels qui vivent toujours dans la terrible idée que jamais une terre n’est suffisante pour tous ses habitants.
La vie des évadés est trop agitée et parfois soumise à plus de risques mais ils sont les vrais fondateurs des outils de l’éternité car ni l’ignorance, ni l’indifférence, ni les guerres, ni les prisons, n’ont pu avoir accès à cette germe indéfectible qu’ils détiennent et qui est source de générosités, de rêves salvateurs, de genèses et d’innovations…
Tout comme les résidentiels, ces passionnés de l’évasion existent partout dans le monde. Ils sont au-delà de la vision cupide et étriquée générée par le « syndrome de la frontière »…
Ils sont ces médecins espagnols qui avaient refusé la loi du gouvernement qui aurait privé les clandestins d’une assistance médicale. Ils sont ces gueux que l’on voit gésir par centaines le long des flots et des plages aspirant à une vie meilleure parmi leurs semblables de l’autre rive. Ils sont ces têtes, qui, croyant à leurs diplômes et leur savoir, quittent l’hégémonie, la boulimie et l’expropriation pour aller quelque part servir leurs semblables. Ou ce sont tout simplement ces grands artistes, ces chercheurs de génie, ces penseurs libres et intègres ; tous « occultés » à dessein, chez eux et parfois même ailleurs, par l’ostracisme et la marginalisation.
Seulement que, quelque part, dans les arcanes de l’histoire, la vie réserve toujours à ces « occultés » leurs parts de mérite puisque la continuité, jusqu’à nouvel ordre, accepte encore tout le monde : les résidentiels et les évadés…
Abdellatif Hannama
Sur la liberté et la perception. L'auteur y défend l'idée qu'une conscience authentique suppose de protéger ses sens de toute manipulation, et que la force réside en soi plutôt que dans l'emprise d'autrui.

Quel terrible sentiment celui de se sentir à la merci du vouloir de quelqu’un ! Également, quelle erreur de se croire l’unique source de vie pour quelqu’un d’autre. Le premier sentiment, quand il est accentué, mène à l’esclavage. Le deuxième, déjà un sentiment extrémiste, mène à la mégalomanie.
Il s’agit de deux symptômes différents mais ils ont, toutefois, beaucoup d’éléments nuisibles en commun. Et pour rester original, contentons-nous du plus nuisible parce qu’il lèse tout ce que nous avons le plus cher qui n’est autre que notre perception sensorielle :
Nous sommes individuels, réels et ayant un moi du libre arbitre quand déjà nous pouvons disposer, d’une manière correcte, de nos vraies capacités sensorielles. Et cela pour pouvoir percevoir, de la façon la plus juste possible, notre environnement. Nous parlons ainsi de la perception en tant que droit initialement animal, qui devrait constamment nous projeter vers notre dimension universelle.
Non seulement, nous sommes des terriens mais aussi nous sommes des universels tant que nous percevons déjà le cosmos de la manière la plus infinie possible.
Imaginez la misère de cet autre qui vient s’interposer entre vous et votre moi, entre vous et votre univers en embrigadant vos sens pour vous empêcher d’accéder à votre vraie raison de vivre qui est la perception consciente du monde.
Quand je parle de la misère de cet autre, j’invoque ces vouloirs individuels et désolidarisés, déjà intro pervertis où tous les efforts de la perception se focalisent sur l’ego. Ce dernier deviendrait, pour des âmes malades, le centre d’un univers fallacieusement défini ; un univers plus crédible et plus aboutissant tant qu’il est capable de faire plier à sa fausse puissance d’autres volontés. Un boss névrosé ou un employé soumis, un mari sadique ou une épouse mégère ; tous sont éjectés de force en dehors de la vraie perception. Une perception nécessaire pour l’accomplissement, de ce que nous appelons, conventionnellement, la vie.
Gardez en tête et en toute circonstance que vous êtes nés libres et que vous le resterez parce que votre vraie force est toujours en vous-mêmes et jamais chez l’autre. Une force qui vous permettrait de jouir, pour le mieux, de vos sens même aux précipices de la pire des prisons.
Nous avons déjà des sens qui sont notre plus grande richesse. Ne laissons personne les corrompre parce qu’ils sont les seules voies de la perception. La perception d’un monde extraordinaire…
Abdellatif Hannama
Le récit de Yassine, jeune homme généreux mais sans cap, et de Houda, qui lui donne une direction. Une manière de montrer comment l'harmonie sociale naît de la rencontre d'êtres complémentaires réunis par un but commun.

Je le connais très bien puisqu’il était le fils de l’un de mes meilleurs amis. Beau, communicatif et généreux. Son grand problème est qu’il est trop amoureux de la vie. Et je trouve qu’il a tout à fait raison tant qu’il est jeune et productif.
Il m’a dit un jour : « on peut s’ennuyer de tout sauf de l’argent parce qu’il permet à nos actes d’être crédibles et ayant un sens dans toutes les situations.» Et quand je lui ai dit d’être plus explicite voilà ce qu’il a dit : « j’aime la vie au sens passif et au sens actif. Je l’aime quand elle est une nature pittoresque, soumise à nos profondes perceptions, mais je l’aime surtout parce qu’elle est l’espace de beaucoup d’échanges d’où nos désirs, nos convoitises, nos passions, nos émotions aspirent à une dimension de partage à l’échelle des individus et de la société…On m’a toujours dit que je ne sais pas dépenser mon argent. Et c’est vrai parce que je travaille depuis plus de dix ans alors que mon compte bancaire est toujours remis au dernier salaire mensuel. Seulement, voilà : j’aime ma société et je la trouve généreuse quand elle m’offre de beaux restaurants, de belles plages, des gens courtois avec qui ma petite personne retrouve ses vraies dimensions. Ainsi, j’étais toujours égal à moi même quand je dépensais tout ce que je gagnais. Contrairement à d’autres, j’ai toujours trouvé que ce que je gagnais correspondait juste à ce que je dépensais. C’est ainsi que des années se sont écoulées sans que je ne m’en rende compte. Les filles m’aimaient ainsi. Les amis m’aimaient ainsi. La société marchande m’aimait ainsi…Et puis, je me reconnais le mieux dans mon altruisme quand je suis généreux et répondant aux appels de consommation de ma société. »
Dans les paroles de Yassine rien ne semble extraordinaire pour qu’il soit l’œuvre d’un sujet à débattre ; et pourtant, d’un certain angle de vue, il s’agit d’un jeune homme de plus de trente cinq ans, perdu et sans aucun but précis. Célibataire comme il était, il prenait la vie, toute la vie comme une passion et non comme une responsabilité d’où la réjouissance est conséquence directe du devoir…Un devoir déjà édictée et préconçu par le pronom social. Je veux dire par pronom social cette entité tierce, qui agit sur la continuité des hommes, en dehors des volontés individuelles.
J’ai beaucoup d’amour pour Yassine comme j’ai beaucoup de soucis envers ses convictions sur la vie…Et pourtant, tout ce qu’il a dit était des opinions de droit. Yassine aspirait à cette part de liberté qu’une juste société pourrait offrir de façon à ce que les différentes étapes de la vie soient vécues dans un rapport harmonieux. Un rapport entre ce que peut produire la société comme opportunités et les dépenses d’énergie qu’un individu productif et prometteur puisse générer à tout âge.
Néanmoins, comme je viens de le souligner en haut, le pronom social a eu l’étonnante capacité, à travers des néologismes comme : destin, chance, occasion et autres, de trouver la solution adéquate au problème de Yassine que voici : « une fois, quand Yassine était beau et généreux sans affectation, quand il était galant et attentionné sans être calculateur, il a attiré l'attention de la resplendissante Houda. Contrairement à Yassine, Houda était une bonne gestionnaire sans être avare. Elle était également élégante et sensuelle sans manquer de pudeur. Elle voyait la démarche de Yassine comme une caravane de bonheur tellement en errance, et peut être même au risque et au péril, qu’elle s’est engagée, corps et âme pour que la dite caravane soit orientée vers le bon sens.
Houda a aimé Yassine tel qu’il est. Un homme beau et généreux, productif et altruiste mais sans projet ni but précis. Elle était en mesure de se dire que c’était à elle de s’occuper du projet et du but dans un esprit de consentement et de satisfaction. Et elle avait bel et bien réussi parce qu’elle était l’âme sœur qui possédait tout ce qui manquait à Yassine. Une âme sœur pondérée et source d’amour et de raison de vivre…
Voyez-vous ! Malgré la complexité des actes et des causalités, il y a toujours des solutions aux problèmes sociaux…Il suffit simplement de tenter de comprendre les règles du pronom social…»
Abdellatif Hannama
Une brève réflexion sur la technique et la conscience partagée. L'auteur y voit dans la communication moderne le moyen pour l'humanité de vivre à nouveau un présent commun, comme le faisaient les communautés anciennes.

Il est venu le temps où l’on peut écrire à tout le monde, parler à tout le monde, et partager des desseins avec tout le monde. Ainsi, l’histoire des hommes se perçoit, de plus en plus, à l’échelle de l’individu, comme une causalité partagée. Le présent change de forme et d’impact. Il tente à prétendre beaucoup plus de crédibilité dans le temps. Il ne s’éclipse plus tout à fait autour de l’itinéraire des hommes pour que l’éphémère empiète l’espace d’une vie courte et creuse. La technologie est là. Déjà la mort est banalisée. La vie d’un homme est plus large maintenant, elle a plus de sens par rapport à l’éternité, avouons le. Si la mort, à travers toutes ses formes et manifestes, agit de par la longueur d’une vie, la communication et la technologie ancrent progressivement des outils psychologiques qui tendent constamment à crédibiliser davantage le présent et par conséquent à rendre la vie d’un homme plus riche dans le sens de la largeur.
L’humanité refait appel à son passé rudimentaire quand les rares troupes s’envoyaient le même signal d’alarme quand l’individu est menacé. Notre présent actuel commun est très intense maintenant de par la technologie et la communication. Nous partageons tous, à travers tout le globe, les joies du nouvel an comme nous pleurons, de par les quatre continents, les enfants de la Palestine et de Bagdad.
Comme jadis, le présent redevient notre présent à tous. Comme jadis quand le temps n’était que présent…
Abdellatif Hannama